Est-on condamné à vivre avec ce corps qui nous a été donné à la naissance, ou peut-on le remodeler? L’homme a toujours été confronté à cette question, que ce soit avec les ablations rituelles, comme la circoncision, avec les interventions du chirurgien, qui façonne un nouveau menton, ou les promesses du génie génétique.
Du Venezuela à l’Afrique du Sud, en passant par Hollywood, la malléabilité du corps nous semble aujourd’hui aller de soi. Et rien n’exprime mieux ce désir de transformation que la chirurgie esthétique.
En Occident et ailleurs, nous pensons non seulement avoir le droit de remodeler notre corps, mais aussi d’en maîtriser le processus. De ce fait, les clients de la chirurgie esthétique sont les patients rêvés du système médical moderne. Modèles d’autonomie, ils sondent les praticiens sur les traitements disponibles. Les implants mammaires, le lifting, la plastie abdominale n’ont pas été imposés par l’industrie pharmaceutique, ni par le milieu médical. Chacune de ces avancées, ou presque, fut une réponse à la demande. |